PAC air/eau — catalogue RENOVIA (LG, Airwell)

C’est la question qu’on nous pose à chaque visite dans l’Oise, le Nord ou l’Aube : « et quand il fait −5 °C, elle tient ? » La réponse tient en une phrase : une pompe à chaleur ne s’arrête pas dans le froid, elle donne moins. Et contrairement à ce qu’on lit partout, ce « moins » n’est pas un mystère : il est écrit, degré par degré, sur la fiche technique de chaque machine. Voici ces chiffres, tirés de notre propre catalogue.

Le froid ne coupe pas une pompe à chaleur, il la fait travailler

Une pompe à chaleur ne fabrique pas de chaleur : elle en prend dehors et la remonte à la température de votre circuit de chauffage. Plus l’air extérieur est froid, moins il y a de chaleur à prendre, et plus l’écart à franchir est grand. Deux effets qui vont dans le même sens : la puissance restituée baisse, et le rendement avec elle.

Ce n’est donc jamais « elle marche » ou « elle ne marche pas ». C’est une courbe, et c’est cette courbe qu’il faut regarder avant d’acheter.

Puissance restituée selon la température extérieure Plancher chauffant (35 °C) Radiateurs (55 °C) 10 8 6 4 2 kW −7 °C 9,1 7,8 −25 −15 −7 0 +7 Température de l’air extérieur (°C) — Airwell Wellea Monobloc A 8 kW

Les puissances réelles, relevées sur nos machines

Voici la fiche d’une pompe à chaleur que nous posons couramment — une Airwell Wellea Monobloc A annoncée « 8 kW ». Ces valeurs ne sont pas des estimations : ce sont celles du constructeur, celles-là mêmes que notre outil de dimensionnement interroge pendant la visite technique.

Air ext.Plancher 35 °CRadiateurs 55 °C
+7 °C9,11 kW7,80 kW
0 °C8,49 kW7,10 kW
−7 °C7,27 kW6,22 kW
−10 °C7,08 kW6,07 kW
−15 °C6,11 kW4,94 kW
−20 °C4,74 kW2,62 kW
−25 °C3,59 kW—

Airwell Wellea Monobloc A 8 kW (réf. AW-WHPMA08-H91) — valeurs constructeur, telles qu’enregistrées dans notre catalogue technique.

Lisez la ligne orange : à −7 °C, cette machine rend encore 7,27 kW sur un plancher chauffant, soit huit dixièmes de ce qu’elle donne à +7 °C. On est loin de la panne. Et à −25 °C — une température que nos départements ne connaissent pas — elle produit encore 3,59 kW.

Toutes les machines ne se comportent pas pareil. Une LG Therma V Monobloc 12 kW de notre catalogue, elle, tient ses 12 kW pleins jusqu’à −15 °C, et donne encore 9,5 kW à −25 °C. C’est la raison pour laquelle on choisit un modèle sur sa courbe et jamais sur le chiffre écrit sur le carton : deux « 8 kW » peuvent se comporter très différemment le matin où vous en avez besoin.

C’est la température de base qui commande, pas le +7 °C

Le chiffre commercial d’une pompe à chaleur (son « 8 kW », son « 12 kW ») est mesuré à +7 °C. C’est une convention d’étiquetage, utile pour comparer des machines entre elles — mais ce n’est pas la température à laquelle votre maison a besoin d’être chauffée le plus fort.

Le dimensionnement se fait sur la température de base de votre commune : la température extérieure la plus basse à retenir pour le calcul de chauffage, définie par la norme NF EN 12831. C’est elle qui répond à la vraie question — « le jour le plus froid, la machine couvre-t-elle mes déperditions ? »

Température de baseDépartements où nous intervenons
−7 °CAisne (02), Eure (27), Eure-et-Loir (28), Loiret (45), Marne (51), Oise (60), Somme (80), Paris (75), Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94), Val-d’Oise (95)
−9 °CNord (59), Pas-de-Calais (62)
−10 °CAube (10), Yonne (89)

Valeurs NF EN 12831 utilisées par notre outil de visite technique — nos 19 départements d’intervention.

Retenez ce rapprochement, il règle la question du froid une fois pour toutes : le point le plus rude de tout notre territoire est −10 °C (Aube et Yonne), et les 41 pompes à chaleur air/eau de notre catalogue fonctionnent jusqu’à −25 °C. Il reste donc quinze degrés de marge sous le pire cas de calcul.

Attention toutefois à ne pas confondre deux choses : « fonctionner jusqu’à −25 °C » ne veut pas dire « garder sa puissance jusqu’à −25 °C ». Le tableau ci-dessus montre bien que la puissance descend. Ce qui compte, c’est qu’à votre température de base, la puissance restante couvre encore les déperditions de votre maison. C’est exactement le calcul que fait la visite technique : déperditions relevées pièce par pièce d’un côté, courbe de la machine de l’autre — et jamais une extrapolation entre les deux.

Le régime d’eau pèse autant que le thermomètre

Regardez à nouveau les deux colonnes du premier tableau. À −7 °C, la même machine donne 7,27 kW sur un plancher chauffant et 6,22 kW sur des radiateurs. Un kilowatt d’écart, sans avoir changé de matériel : la seule différence, c’est la température à laquelle on lui demande de produire l’eau.

Plus l’eau doit être chaude, plus l’écart à franchir est grand, et plus la pompe à chaleur peine. C’est pour cela qu’un chantier avec plancher chauffant part avec une longueur d’avance, et qu’un remplacement de chaudière sur radiateurs existants mérite qu’on vérifie s’ils peuvent tourner à 45 °C plutôt qu’à 55 °C. Sur nos machines, ce seul réglage change la puissance disponible le jour le plus froid.

Le dégivrage aussi coûte de la puissance

Il reste un effet que les courbes ci-dessus ne montrent pas, et qui joue précisément dans la plage la plus fréquente de nos hivers. Entre 5 °C et −5 °C, quand l’air est humide, l’humidité se dépose en givre sur l’échangeur de l’unité extérieure. La pompe à chaleur inverse alors son cycle deux à dix minutes pour le faire fondre : pendant ce temps, elle ne chauffe pas la maison. Ce n’est pas une panne, c’est du temps de chauffe en moins — une raison de plus de ne pas dimensionner au plus juste.

1. Le givre se dépose Air froid et humide 2. Le cycle s’inverse 2 à 10 min · vapeur 3. Elle repart Chauffage normal Un dégivrage par heure environ, par temps froid et humide : c’est normal.

Ce que vous voyez alors — de la vapeur qui monte, un bruit d’eau qui s’écoule, le ventilateur qui s’arrête — fait peur la première fois et n’est rien d’autre que le fonctionnement prévu. Un dégivrage par heure environ, par temps froid et humide, est la normale ; un dégivrage toutes les vingt minutes ou un bloc de glace qui ne part plus ne l’est pas. Nous avons consacré un guide entier au sujet : givre et dégivrage en hiver, ce qui est normal et ce qui doit alerter.

L’appoint électrique : un filet, pas un mode de chauffage

La plupart des pompes à chaleur air/eau embarquent une résistance électrique d’appoint. Elle est là pour les quelques heures les plus rudes de l’année, ou pour sécuriser l’installation en cas de défaut. Elle chauffe très bien — c’est précisément le problème : le confort masque le surcoût, et une installation mal dimensionnée peut passer un hiver entier sans que personne ne s’en aperçoive, sinon sur la facture.

Un appoint qui prend le relais deux ou trois matins par an, c’est le dispositif qui fait son travail. Un appoint qui tourne des jours d’affilée, c’est une machine sous-dimensionnée, une loi d’eau mal réglée ou un défaut qui traîne. Notre guide sur la consommation normale d’une pompe à chaleur détaille comment repérer ça sur votre courbe Linky.

Et si, en plein hiver, la maison ne monte plus en température, ne cherchez pas d’abord du côté du thermomètre extérieur : reprenez notre diagnostic en 5 minutes. Mieux encore, prenez-y garde avant : une heure de vérifications en octobre évite la mauvaise surprise de janvier, c’est l’objet de notre checklist d’automne.

Cinq points à vérifier avant de signer, si vous chauffez dans le Nord

Ce que fait la visite technique RENOVIA : elle relève vos déperditions pièce par pièce, va chercher la température de base de votre code postal, puis confronte le résultat à la courbe réelle de chaque machine du catalogue à votre régime d’eau. Un modèle qui ne couvre pas à cette température-là n’est pas proposé — et aucune valeur n’est extrapolée entre deux points de mesure. Tout cela est expliqué sur notre page pompe à chaleur air-eau.

Questions fréquentes

Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle vraiment quand il gèle ?

Oui. Les 41 pompes à chaleur air-eau de notre catalogue sont données pour fonctionner jusqu'à −25 °C d'air extérieur. Or le point le plus froid de nos 19 départements, c'est −10 °C dans l'Aube et l'Yonne. Le froid ne l'arrête pas : il la fait travailler davantage, et elle restitue moins de kilowatts — c'est précisément ce que le dimensionnement doit prévoir.

Combien de puissance une pompe à chaleur perd-elle à −7 °C ?

Environ un cinquième sur une machine à compresseur classique : une Airwell Wellea 8 kW donne 9,11 kW à +7 °C et 7,27 kW à −7 °C en régime plancher chauffant, d'après sa propre fiche technique. D'autres machines ne perdent rien sur cette plage : une LG Therma V 12 kW tient ses 12 kW jusqu'à −15 °C. C'est pour cela qu'on choisit un modèle sur sa courbe de puissance, jamais sur le chiffre écrit sur le carton.

Pourquoi mon unité extérieure fume-t-elle et s'arrête-t-elle quelques minutes ?

C'est le dégivrage, et c'est normal. Par temps froid et humide, du givre se dépose sur l'échangeur extérieur ; la pompe à chaleur inverse alors son cycle deux à dix minutes pour le faire fondre — d'où la vapeur, le bruit d'eau et le ventilateur qui s'arrête. Ce qui n'est pas normal, c'est un dégivrage toutes les vingt minutes, ou un bloc de glace qui ne part plus.

Faut-il un chauffage d'appoint avec une pompe à chaleur dans le Nord ?

Non, si la machine a été dimensionnée sur la température de base de votre commune. La résistance électrique intégrée à la pompe à chaleur est un filet de sécurité pour quelques heures par an, pas un mode de chauffage : si elle tourne plusieurs jours d'affilée, c'est le dimensionnement ou un réglage qui est en cause — et la facture le dira.

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Une pompe à chaleur dimensionnée sur VOTRE hiver

RENOVIA relève vos déperditions pièce par pièce, applique la température de base de votre commune et ne propose que des machines qui couvrent à cette température-là. Visite technique gratuite, installateur RGE QualiPAC dans 19 départements.

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